“C’est une révolution intellectuelle, scientifique et stratégique” a rappelé d’entrée Stéphanie Godier, directrice générale et cofondatrice de Recherche et Avenir, en ouvrant fin janvier au Business Pôle de Sophia Antipolis la 20ᵉ édition du Workshop annuel de l’innovation. Organisé en présentiel et en digital sur le thème de “La quantique dans tous ses états”, cet événement anniversaire a réuni plus de 80 participants (chercheurs, entreprises, décideurs publics et représentants de la société civile) qui ont décrypté les enjeux d'une nouvelle révolution qui s’annonce.
Déja dans notre quotidien
En ouverture, Stéphanie Godier a ainsi posé le cadre en rappelant que la physique quantique dépasse le simple champ technologique et que ses applications sont déjà omniprésentes dans le quotidien, des semi-conducteurs aux télécommunications modernes. Structurée autour de trois tables rondes réunissant neuf experts, la matinée a permis d’explorer les applications concrètes issues de la recherche, les usages sociétaux émergents et la nécessité de bâtir un cadre juridique et réglementaire adapté à ces innovations.
Les échanges ont notamment mis en lumière les perspectives ouvertes par le calcul quantique, les capteurs et les communications sécurisées, avec des retombées attendues dans des domaines aussi variés que la santé, l’énergie, l’optimisation industrielle ou la cybersécurité. Mais les intervenants ont également insisté sur les défis associés à ces technologies, qu’il s’agisse de la complexité des systèmes, de la rareté des compétences ou encore des enjeux liés à la protection des données. La convergence croissante entre intelligence artificielle et technologies quantiques a aussi été identifiée comme un levier majeur d’innovations futures. (Photo DR : les intervenants lors de ce 20ème workshop de Recherche et Avenir).
Sophia Antipolis doit jouer un rôe moteur
Président de la CASA (Communauté d’Agglomération Sophia Antipolis), Jean Leonetti a rappelé en ouverture de la réunion que la révolution quantique constitue désormais un enjeu scientifique mais aussi stratégique et économique pour les territoires. Pour lui, Sophia Antipolis doit jouer un rôle moteur dans cette nouvelle ère en renforçant les liens entre laboratoires et entreprises, en attirant les talents et en développant des infrastructures adaptées. Il a souligné aussi que ces technologies pourraient devenir un facteur supplémentaire d’attractivité et de développement pour la technopole.
Ce workshop a donné l'occasion également de présenter plusieurs initiatives déjà engagées sur cette voie du quantique. Candace Johnson a évoqué la préparation du premier World Quantum Cannes Festival les 17 et 18 novembre prochain au palais des festivals, un sommet à l'image de ce qui a été fait pour l'Intelligence Artificielle. Lionel Martellini a présenté le nouvel “EDHEC Quantum Institute” qui va préparer les décideurs à la révolution quantique et ouvrir un laboratoire commun avec EURECOM à Sophia Antipolis. Robin Kaiser, Directeur de Recherche au CNRS à l'Institut de Physique de Nice, a insisté, même si la technologie quantique est moins mature que celle de l’IA, sur la nécessité de se positionner en avance de phase et de faire le lien entre l’académique et le privé.
Anticiper les grandes ruptures technologiques
Au-delà de son contenu scientifique, cette édition revêtait une dimension symbolique puisqu’il s’agissait du dernier workshop organisé au Business Pôle. Dès l’an prochain, l’événement investira le nouveau Pôle Alpha, récemment inauguré, marquant une nouvelle étape dans le développement de l’écosystème d’innovation sophipolitain. Vingt ans après sa création, Recherche et Avenir confirme ainsi sa vocation : anticiper les grandes ruptures technologiques et nourrir une réflexion collective sur leurs impacts économiques, sociétaux et géopolitiques.