Le World AI Film Festival change d’échelle. Pour sa deuxième édition, le rendez-vous consacré à la création audiovisuelle à l’ère de l’intelligence artificielle ne se contentera pas d’une finale cannoise : il s’affirme comme une plateforme internationale en mouvement, pensée comme un “Road to Cannes”. Les 21 et 22 avril, c’est bien au Palais des Festivals et des Congrès de Cannes que se jouera l’ultime étape, mais la sélection a déjà commencé à s’écrire bien en amont, à travers plusieurs escales mondiales.
Cette montée en puissance passe par un véritable tour du monde du cinéma IA. Le festival a déployé ses éditions satellites à São Paulo fin février, puis à Séoul les 6 et 7 mars, à Kyoto les 12 et 13 mars, avant une étape annoncée à Pékin le 15 avril. À chaque fois, des jurys locaux distinguent des œuvres créées avec des outils d’intelligence artificielle, avant leur remontée vers la sélection internationale présentée à Cannes. Le WAiFF revendique d’emblée sa volonté de connecter les créateurs continent après continent, au plus près des scènes culturelles et des sensibilités nationales.
Les chiffres confirment cette internationalisation accélérée. Le festival indique avoir reçu près de 5.500 films, venus de plus de 80 pays, avec une sélection finale resserrée autour de plusieurs centaines d’œuvres appelées à concourir sur la Croisette. Cette géographie étendue, de l’Asie à l’Amérique latine en passant par l’Europe et l’Amérique du Nord, installe progressivement Cannes comme point de convergence d’une nouvelle génération de créateurs qui expérimentent d’autres écritures visuelles, narratives et productives grâce à l’IA.
Pour incarner cette ouverture internationale, le festival s’est choisi une présidente à sa mesure : Gong Li. Elle succède à Claude Lelouch, président d'honneur 2026, autre totem du cinéma qui avait assuré la première présidence du jury l'an dernier. Icône du cinéma chinois, actrice mondialement reconnue pour ses rôles chez Zhang Yimou, Chen Kaige, Wong Kar-Wai ou Michael Mann, Gong Li donnera à cette édition 2026 une forte portée symbolique. Son parcours, entre cinéma d’auteur asiatique, grandes productions internationales et reconnaissance dans les grands festivals, épouse pleinement la ligne que veut défendre le WAiFF : un dialogue entre création, innovation et circulation mondiale des imaginaires.
Porté par le Département des Alpes-Maritimes, la Maison de l’IA et l’Institut EuropIA, avec le soutien de la Ville de Cannes, le festival entend désormais s’installer comme un rendez-vous structurant de la nouvelle industrie créative. À Cannes, projections, conférences, tables rondes, rencontres professionnelles et remises de prix doivent réunir créateurs, producteurs, chercheurs et acteurs de la tech. En se dotant d’un parcours mondial avant sa finale azuréenne et d’une présidence aussi prestigieuse que celle de Gong Li, le WAIFF 2026 affiche son objectif : à l’instar du Festival du film pour le cinéma traditionnel, faire de Cannes la capitale mondiale du cinéma IA, le nouveau cinéma.
Ce qu'ils en disentMarco Landi, président de l’Institut EuropIA et fondateur du WAIFF : “L’IA devient aujourd’hui la nouvelle caméra au service des créateurs, mais la créativité et la passion pour raconter une histoire restent, elles, entièrement humaines. On entend souvent des critiques et des craintes autour de l’IA. Pourtant, les films de très haut niveau que j’ai pu découvrir au Brésil, en Corée et récemment au Japon montrent que la qualité et l’émotion de la création cinématographique sont intactes, et que ces inquiétudes peuvent disparaître. Les 21 et 22 avril à Cannes, des créateurs venus des quatre continents viendront présenter leurs œuvres et échanger autour de ces enjeux. Les Alpes-Maritimes se positionnent ainsi comme un véritable carrefour de la nouvelle industrie créative. “ Charles-Ange Ginésy, président du Département : "cette richesse culturelle, profondément ancrée dans notre territoire, nous souhaitons aujourd’hui la projeter vers l’avenir. À l’heure où l’Intelligence Artificielle suscite autant d’espoirs que de questions, nous faisons un choix clair : celui d’en faire un outil au service de la création. Car aucune technologie ne remplacera jamais la sensibilité et le regard des artistes. En revanche, elle peut ouvrir de nouveaux horizons et enrichir les formes d’expression autour des images animées." David Lisnard, maire de Cannes . “Dans une ville qui incarne à travers le monde l’excellence cinématographique, ce festival trouve naturellement sa place, quelques semaines seulement après la 6e édition du World AI Cannes Festival, premier rendez-vous mondial dédié à l’Intelligence Artificielle. L’événement valorise l’émergence de nouvelles formes d’écritures et de créations assistées par Intelligence Artificielle, met à l’honneur les talents et nourrit le débat essentiel sur les conditions dans lesquelles cette technologie doit être pensée, maîtrisée et mise au service de l’humain. Car l’IA ne doit pas se substituer à la création : elle doit demeurer un outil au service de l’imaginaire, des œuvres et des auteurs.” |