Venturi Space franchit une nouvelle étape dans son développement spatial. La société monégasque a signé avec l’Agence spatiale européenne (ESA) un contrat portant sur une étude de réduction des risques liée à trois technologies clés destinées aux futurs rovers lunaires. Lancée le 1er janvier 2026, cette étude vise à consolider des briques technologiques déjà développées par l’entreprise et à les traduire en exigences techniques compatibles avec la feuille de route lunaire de l’ESA, dans la perspective des prochaines missions d’exploration et de logistique sur la Lune. (Photo DR : le rover MONA LUNA de Venturi Space qui a été présenté en juin 2025).
Trois axes stratégiques
Le programme se concentre sur trois axes stratégiques : la capacité de locomotion, les systèmes d’alimentation en énergie et la régulation thermique. L’enjeu est de préparer des technologies capables d’équiper des rovers de nouvelle génération, bien plus lourds que les démonstrateurs actuels, pouvant atteindre plusieurs tonnes. Ces véhicules devront évoluer sur des terrains lunaires meubles et accidentés, tout en résistant à des conditions extrêmes, notamment des écarts thermiques pouvant approcher 400 °C et les longues nuits lunaires, particulièrement contraignantes pour les systèmes électriques et thermiques.
Venturi Space s’appuiera sur MONA LUNA
Pour mener cette campagne, Venturi Space s’appuiera sur MONA LUNA, son rover lunaire 100 % européen présenté en 2025, qui servira de plateforme d’essais. L’entreprise prévoit de tester plusieurs composants critiques, dont les roues hyper-déformables, les batteries haute performance, la suspension ainsi que le système d’egress, c’est-à-dire le dispositif permettant au rover de descendre de l’alunisseur après l’atterrissage. Les essais se dérouleront dans le bâtiment LUNA, développé conjointement par l’ESA et le DLR allemand, une installation conçue pour qualifier des technologies dans un environnement analogue aux conditions lunaires.
Un travail spécifique sur l’interface avec l’alunisseur européen Argonaut
Le contrat prévoit également un travail spécifique sur l’interface avec l’alunisseur européen Argonaut. Un dispositif représentatif de sa géométrie sera conçu, assemblé et testé par l’ESA afin de valider les interfaces mécaniques et les conditions opérationnelles de la phase de déploiement. Cette séquence d’egress est considérée comme critique, car elle conditionne le passage entre l’alunissage et le début des opérations de surface. Venturi Space met en avant, sur ce point, la possibilité de tester un concept innovant dans un cadre de coopération structuré avec l’agence européenne.
Un positionnement confirmé sur la mobilité lunaire et martienne
À travers ce contrat, l’ESA illustre aussi sa volonté de renforcer les partenariats avec l’industrie privée pour accélérer la maturation technologique des projets spatiaux européens. Pour Venturi Space, créée dans le prolongement du savoir-faire historique de Venturi dans la mobilité électrique haute performance, cette collaboration vient confirmer son positionnement sur la mobilité lunaire et martienne. Déjà impliquée dans le développement de technologies critiques pour les rovers FLIP et FLEX, l’entreprise monégasque poursuit ainsi sa montée en puissance dans l’écosystème spatial européen, avec l’ambition de contribuer concrètement aux futures missions lunaires.