La biotech PKDERM, à Sophia Antipolis, franchit une nouvelle étape dans son développement avec la mise en œuvre opérationnelle d’un programme de recherche dédié aux pathologies pulmonaires au sein de ses laboratoires. Le projet, intitulé “Culture dynamique à l’interface air-liquide de coupes précises de poumons” (PCLS), a démarré le 1er mars 2025 pour une durée de 36 mois. Il bénéficie d’un cofinancement du Fonds Européen de Développement Régional (FEDER) à hauteur de 322 430,37 euros, soit 45 % d’un coût total éligible de 716 511,92 euros HT. (Photo DR : la plateforme de culture dynamique PCLS développée par PKDERM : une innovation pour simuler les conditions physiologiques humaines à l'interface air-liquide.)
Fondée en 2018, par Hanan Osman‑Ponchet (PhD, EMBA), ex‑responsable métabolisme chez Galderma dans la technopole, PKDERM s’est d’abord imposée comme une spécialiste des tests in vitro de sécurité et d’efficacité pour les produits entrant en contact avec la peau : cosmétiques, dermato, dispositifs médicaux ou chimie. Ce que faisait Galderma. Son savoir-faire repose sur des modèles biologiques avancés, allant des cultures cellulaires 2D à des modèles 3D plus sophistiqués, comme les équivalents de peau humaine, les tissus ex vivo ou encore les modèles pulmonaires. Progressivement, elle a élargi son champ d’action vers les formulations inhalées et les modèles de poumon. Initialement à Grasse Biotech, elle a déménagé en juillet dernier son laboratoire pour des locaux plus grands aux Espaces de Sophia.
Le nouveau programme de recherche s’inscrit précisément dans cette montée en puissance. L’équipe scientifique développe sur son site de Valbonne une plateforme de culture dynamique capable de simuler les conditions physiologiques humaines à l’interface air-liquide. L’enjeu est majeur : mieux comprendre des maladies comme la fibrose pulmonaire et le cancer du poumon, tout en réduisant le recours aux modèles animaux. Cette approche s’inscrit pleinement dans la stratégie de PKDERM, qui se positionne comme partenaire de confiance pour les industriels de la santé et de la cosmétique cherchant des méthodes alternatives conformes aux exigences réglementaires internationales.
Au-delà du projet lui-même, ce soutien européen renforce l’ancrage régional de la biotech et son rôle dans la dynamique scientifique de la Région Sud. Déjà active en recherche académique, avec une première thèse soutenue en 2023 avec Université Côte d’Azur, PKDERM poursuit ainsi sa trajectoire entre innovation appliquée, science de haut niveau et développement territorial. Pour Hanan Osman-Ponchet, le financement européen constitue un levier décisif pour maintenir un rythme soutenu de recherche à Valbonne et positionner le territoire comme un pôle d’excellence en biotechnologie.
Ce projet confirme aussi l’évolution de PKDERM : d’une biotech reconnue pour ses modèles in vitro en dermatologie et cosmétique vers un acteur plus large des biotechnologies appliquées à la santé, capable de faire converger recherche préclinique, innovation éthique et nouveaux besoins industriels. Entre Antibes, Grasse et Sophia Antipolis, l’entreprise continue ainsi de tisser un pont original entre cosmétique, dermato et médecine respiratoire.