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Sophia : Marion Négrier transforme la recherche textile en deeptech industrielle

Sophia : Marion Négrier transforme la recherche textile en deeptech industrielle

Avec BlendCel, la chercheuse du CEMEF veut recycler les déchets textiles pour créer de nouveaux matériaux durables et biosourcés. Une aventure industrielle qui prend son envol.

À Sophia Antipolis, une nouvelle deeptech entend s’attaquer à deux urgences contemporaines : l’explosion des déchets textiles et la dépendance aux plastiques fossiles. Fondée par Marion Négrier, docteure en matériaux issue du CEMEF (Centre de Mise en Forme des Matériaux) de Mines Paris – PSL, et accompagnée par l'Incubateur Provence Côte d'Azur, BlendCel développe un procédé de recyclage de textiles contenant des fibres végétales pour les transformer en matériaux durables à haute valeur ajoutée. À travers cette jeune entreprise, la chercheuse incarne une nouvelle génération de scientifiques-entrepreneurs qui veulent faire passer la recherche publique à l’échelle industrielle, au service de la transition écologique. (Photo DR : Marion Négrier -à droite- lors du Vivatech).

Relier science et impact concret

Le parcours de Marion Négrier illustre cette volonté de relier science et impact concret. D’abord attirée par la médecine vétérinaire, elle s’oriente finalement vers l’ingénierie, séduite par la résolution de problèmes et l’utilité sociale de la recherche. Diplômée ingénieure en agroalimentaire, chimie et bio-ingénierie, elle approfondit ensuite son expertise en chimie des matériaux, notamment lors d’un stage à l’EPFL sur l’extraction de molécules du bois. Cette trajectoire la conduit à une thèse au CEMEF, consacrée au recyclage de déchets textiles biosourcés en matériaux à haute valeur ajoutée, avant un pivot décisif vers l’entrepreneuriat.

Le projet, d’abord baptisé Texup, prend une nouvelle ampleur grâce à un Mastère Spécialisé en entrepreneuriat deeptech et innovation. Il reçoit ensuite plusieurs reconnaissances majeures : le prix i-PhD 2024, qui distingue les projets de start-up de rupture issus de travaux de thèse, puis le prix Jeunes Talents L’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science 2025. Ces distinctions viennent valider la robustesse scientifique du procédé développé, mais aussi son potentiel industriel. BlendCel s’inscrit désormais dans une logique de déploiement concret, avec une technologie considérée comme prête.

La phase industrielle est lancée

Trois familles de produits ont déjà été définies. La première vise un matériau très léger capable de remplacer certains plastiques d’emballage. La deuxième concerne un matériau zéro plastique, de type résine, destiné notamment à l’ameublement et aux jouets. La troisième prend la forme d’une poudre de cellulose pour le secteur de la construction, afin d’améliorer les performances de bétons, peintures ou enduits. Tous ces matériaux sont issus de déchets textiles contenant du végétal, qu’ils proviennent de la post-consommation ou de gisements industriels.

La prochaine étape se jouera au CEMEF de Sophia Antipolis, avec l’installation d’un prototype de ligne de production destinée à lancer une première fabrication et à optimiser les procédés. L’objectif est ensuite de nouer des partenariats avec l’industrie textile, les transformateurs de matériaux et les acteurs de l’économie circulaire, avant de déployer à terme des lignes de production directement sur des sites de recyclage chimique. Pour Marion Négrier, cette phase industrielle marque aussi l’aboutissement personnel d’un parcours qui réunit enfin ses deux passions : la chimie et le métier d’ingénieur.

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