La Fondation pour la Recherche Médicale a attribué en décembre le Prix Bernadette et Pierre Duban 2025 à Hélène Marie, directrice de recherche au CNRS, pour l’excellence et l’impact de ses travaux sur la maladie d’Alzheimer. Dotée de 40.000 euros, cette distinction nationale récompense chaque année des recherches menées exclusivement sur les maladies neurodégénératives du cerveau. Elle vient saluer cette fois un parcours scientifique de haut niveau, ancré au cœur de la technopole.
Hélène Marie est coresponsable de l’équipe Physiopathologie des circuits neuronaux et du comportement à l’Institut de Pharmacologie Moléculaire et Cellulaire (CNRS / Université Côte d’Azur / Inserm), à Valbonne, dont elle est également directrice adjointe. Ses recherches visent à comprendre comment les altérations de la communication entre neurones contribuent à la perte de mémoire, symptôme central de la maladie d’Alzheimer. En s’intéressant aux mécanismes les plus fins du fonctionnement cérébral, son équipe explore les bases biologiques des troubles cognitifs afin d’ouvrir la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques.
Ses travaux ont notamment mis en évidence le rôle de petites molécules issues du clivage de la protéine précurseur de l’amyloïde (APP) dans la modulation de l’activité électrique des neurones. Si le peptide bêta-amyloïde est déjà bien connu pour former des plaques dans le cerveau des patients, l’équipe d’Hélène Marie a montré que d’autres peptides, longtemps négligés, peuvent perturber la transmission de l’influx nerveux en agissant sur l’entrée du calcium dans les neurones.
Plus récemment, en collaboration avec des chercheurs allemands, elle a identifié un nouveau peptide baptisé AETA, capable d’altérer la transmission synaptique en régulant les récepteurs NMDA, essentiels à l’apprentissage et à la mémoire. En distinguant Hélène Marie, la Fondation pour la Recherche Médicale met aussi en lumière une recherche fondamentale d’excellence à l’interface de la biologie, des neurosciences et de la médecine.