Basée à Sophia Antipolis, AI Verse annonce une levée de fonds de 5 M€ afin d’accélérer le développement et la commercialisation de sa technologie de génération de données synthétiques pour l’entraînement des modèles d’intelligence artificielle. Le tour de table est mené par Supernova Invest, via les fonds Crédit Agricole Innovations et Territoires et Amundi Avenir Innovation, aux côtés de Creazur, avec la participation renouvelée des investisseurs historiques Bpifrance et Innovacom. C’est la deuxième levée de fonds réussie par la société créée en 2020 et incubée par Inria (2,5 M€ en novembre 2021). Cette nouvelle opération confirme la maturité technologique et le potentiel stratégique de la jeune pousse sophipolitaine. (Photo DR : AI Verse est historiquement positionnée sur la défense mais compte s’élargir à beaucoup d’autres verticales).
Des modèles de deep learning entrainés en quelques jours
AI Verse s’attaque à un verrou majeur du déploiement industriel de l’IA : l’accès à des données d’entraînement massives, fiables et exploitables, en particulier pour la vision par ordinateur. Dans des domaines comme la défense, les drones, les véhicules autonomes ou la robotique, la collecte d’images réelles est souvent impossible, trop coûteuse ou incompatible avec des contraintes de confidentialité. La startup propose une alternative radicale : générer des datasets synthétiques photoréalistes, annotés pixel par pixel, capables de reproduire des situations complexes, rares ou extrêmes, impossibles à capturer dans le monde réel.
Issue de quatre années de R&D, la plateforme repose sur une architecture propriétaire de génération procédurale de scènes 3D, en environnements intérieurs comme extérieurs. Elle permet de produire automatiquement des milliers de variations cohérentes d’un même scénario — luminosité, angles de vue, objets, comportements — et d’entraîner des modèles de deep learning en quelques jours là où des mois seraient nécessaires avec des données réelles. Cette approche, proposée en mode SaaS ou en déploiement on-premise, offre aux clients un contrôle total sur leurs données, un enjeu clé pour les acteurs souverains et industriels.
Recrutement de profils en 3D, machine learning et développement commercial
Historiquement positionnée sur les usages défense, où la génération d’images synthétiques s’est rapidement imposée comme un standard de fait, AI Verse a déjà séduit des acteurs publics et privés en France et en Europe (Allemagne, Italie, Espagne, Ukraine). Forte de cette traction, la startup entend désormais élargir son champ d’action à d’autres verticales confrontées aux mêmes contraintes, comme la robotique industrielle et humanoïde, l’inspection d’infrastructures critiques, la vidéosurveillance ou les systèmes d’assistance intelligente. La levée de fonds permettra notamment le recrutement d’une dizaine de profils en 3D, machine learning et développement commercial.
AI Verse est dirigée par un binôme à la complémentarité rare : Benoît Morisset, docteur en IA et robotique formé à Stanford, ancien d’Apple, fondateur de PixMax en 2015 et Arnauld Lamorlette, pionnier des moteurs de rendu 3D et ex-superviseur technique chez DreamWorks. Ensemble, ils portent une même vision : faire de la donnée synthétique un levier industriel clé pour des IA plus robustes, plus rapides à entraîner et mieux maîtrisées. Avec cette levée de fonds, la startup franchit une étape structurante et s’affirme comme l’un des acteurs européens les plus avancés sur un sujet devenu stratégique pour la souveraineté technologique et la performance des systèmes d’intelligence artificielle.