Une nouvelle mission pour Serana Villata, directrice de recherche à l’INRIA Sophia Antipolis, directrice scientifique du 3IA Côte d’Azur, et depuis août dernier, membre du Conseil de l’IA et du numérique (ex CNNum) : la co-présidence d’une commission d’experts dédiée aux risques et vulnérabilités liés aux usages grand public de l’intelligence artificielle générative. Le lancement de cette commission vient d'être annoncé par le ministère chargé de l’Intelligence artificielle et du Numérique. Cette nomination stratégique place ainsi une experte reconnue de l’IA au cœur de la réflexion nationale sur l’encadrement de ces technologies qui fascinent tout autant qu'elles inquiètent. (Photo DR : Serena Villata).
"Depuis plus de trois ans, les IA génératives sont entrées dans la vie quotidienne des Français. Cette irruption doit nous conduire à en mesurer les risques : ce travail scientifique va directement guider notre action et se traduira en mesures concrètes", a commenté Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique. “Ce travail est complémentaire de celui que nous conduisons avec le Président de la République, le Premier ministre et le Gouvernement pour protéger les mineurs des risques liés aux réseaux sociaux.” Un sujet qu'elle avait d'ailleurs abordé lors de sa visite au Pôle Alpha de la technopole, dans ses entretiens avec des élèves de Polytech Nice Sophia.
Lancée par la ministre, cette commission s’inscrit en effet dans la continuité des travaux engagés au plus haut niveau de l’État sur l’impact du numérique dans la démocratie et la protection des mineurs. Serena Villata partagera la co-présidence de la commission avec Amine Benyamina, professeur d’addictologie à l’Université Paris Cité, et Raphaël Gaillard, professeur de psychiatrie à l’Université Paris Cité. Les travaux seront coordonnés par le Conseil de l’intelligence artificielle et du numérique (CIANum). Le rapport est attendu au cours du mois de mai 2026.
La mission confiée aux experts est ambitieuse : cartographier les usages actuels de l’IA générative, identifier les risques les plus critiques pour la population, analyser le cadre réglementaire existant aux niveaux national et européen, et formuler des recommandations concrètes. Il s'agit ainsi de mieux comprendre les vulnérabilités induites par ces technologies afin d’anticiper leurs effets sociaux, démocratiques et sanitaires.
La présence de Serena Villata à la tête de cette commission souligne également le rôle croissant de l’écosystème scientifique azuréen dans les débats nationaux sur l’IA. Spécialiste reconnue des systèmes d’argumentation et de l’IA responsable, elle incarne une approche à la fois scientifique et éthique du développement technologique. Une nomination qui confirme la place stratégique de Sophia Antipolis et d’Université Côte d’Azur dans la gouvernance française de l’intelligence artificielle.